Fille de la terre
 
Je suis Fille des Poètes maudits,
Enivrée des «  Chants de Maldoror »
Si mes larmes ont goût de Paradis,
Mon Enfer, d'être en « Mal d'Aurore »


Je suis Fille des Fées de Légendes.
Je sais les prodiges, les sortilèges.
Ma magie, que Morgane l'entende !
De mes incantations, voici le florilège.


Je suis Fille des Orages et des Tempêtes,
Portée par le vent et le nuage.
Magicienne, je sais les formules secrètes
Pour libérer du ciel Foudre et Rage !
 
 
Je suis Fille des Ténèbres, prisonnière,
Rongée par le Mal qui m'avale.
Possédée par le Démon, Sorcière,
Je joue de mon charme fatal.
 
 
Je suis Fille, Mère des débuts de la terre ;
J'enfante dans la douleur, en Enfer.
Ève, Femme du Monde originel.
Aux ordres de l'éternel, je suis rebelle.
 
 
Je suis Fille de la Vie et de l'Amour.
Mes lèvres s'entrouvrent telle la Rose,
Fleur éclose sous les rais de l'Astre du Jour ;
Un baiser de miel, je dépose.
 
 
Je suis Fille des hommes et de Dieu,
Sainte Marie, Mère du Prophète.
Les larmes coulent de mes yeux ;
Ils crucifient mon fils et font la fête !


Je suis Fille du peuple et du  péché ;
Marie-Madeleine en pleurs.
Me jeter des pierres, Jésus les empêchait ;
Ceux qui me jugent sont de grands pécheurs.


Je suis Fille de la colère et de la guerre,
Jeanne D'Arc, main vengeresse de la France.
Je n'aurais jamais le bonheur d'être mère,
Brûlée vive, à peine sortie de l'enfance !
 
                                              
Que tu sois ombre ou lumière,
Ange ou Diablesse, Princesse ou catin,
Fille d'Éros ou de Sapho, reste fière !
Nous sommes sœurs, même combat, même destin
 
 
Je te dédie mes poésies, toi ma sœur
Que l'on oppresse dans ces pays où « Femme »
Rime avec persécutions et horreur,
Toi dont on mutile le corps et l'âme.
 
 
De par le monde, de par les temps,
On te bâillonne, on te méprise,
On te bat et on te viole ; on prétend
Que le Diable étend sur toi son emprise.


Combien de guérisseuses se consumèrent
Sur les bûchers de l'inquisition ?
Pourtant tu es la Vie, la Mère.
Me battre pour toi, telle est ma mission !
 
 
Ce poème a obtenu le premier prix de poésie néoclassique de la ville de Parentis (40) en 2006.
 
 

 
 

 

 
 Enfer amer
 
Un Ange est tombé au fond du caniveau,
En bas de chez vous, sur un coin de trottoir ;
Sa déchéance au plus bas niveau ;
À l'origine de tous ses maux,
Un homme brutal à l'âme noire !
 
L'Ange, à moitié nu, pleure, amère,
Tremble de froid et de honte.
Cet ange-là sait les Enfers sur terre,
Peuplés de monstres immondes et pervers !
Bouche ingénue boit le désir qui monte,
 
L'avale de travers, secouée de hoquets.
L'Ange déchu implore le ciel :
—  Mon Dieu, pourquoi m'avoir sacrifiée ?
Vous m'avez crée Femme au milieu du Péché ! 
J'ai perdu le Paradis au goût de miel
 
Dans la rue des amours que l'on monnaye ! 
Tatouage et cicatrice rappellent
Sur sa chaire, la marque du Démon qui veille,
Dans sa gorge, se soulageant de son fiel,
Meurtrissant son corps de gazelle !
 
L'ingénue bascule du côté obscur
Du miroir, où se perd l'espoir,
Plaquée par un mâle contre un mur,
Offrant des avantages en nature,
Calice offert aux coups de butoir !
 
Esclave du vice et de la luxure,
Tombée des nues, visage de fantôme,
Pâle telle la mort qu'elle endure,
Se retournant devant ces hommes durs ;
Fâcheuse posture, captive de Sodome !
 
« Le Mal » en « La Belle » s'immisce, s'insinue,
Glisse, avec délice, sur son corps si lisse,
Profanant de ses mains l'Ange nu,
Souillant ses douces cuisses,
Blessant tel un cilice.
 
Du vice ou de la vertu,
Qui l'emportera au final ?
La «  Belle » triomphera-t-elle du « Mal »
Qui l’empoisonne et, à petit feu, la tue ?
Qu'adviendra-t-il de l'Ange nu ?


Primé par l'APPEL en 2007


 



La chambre rose

Il était une fois, dans une petite chambre rose,
Une enfant fraîche éclose.
Mais, de la chambre de Rose,
La porte, toujours, restait close !
 
L'enfant devint morose !
Seul un monstre, possédait la clef de la jolie chambre rose.
Chaque nuit, il déposait, un bouquet de roses...
Violant de son regard gris, l'innocence de Rose !
 
Aujourd'hui, dans un cimetière, elle repose,
Dans un cercueil capitonné de satin rose !
Son âme vole près des anges, divine métamorphose.
Du monstre, elle a cessé d'être la chose ;
 
Flétrie avant l'heure, pauvre petit bouton de rose !
Pardonnez-moi, si j'ose
Vous conter une histoire qui n'est point rose !
Sachez que, l'on voit, beaucoup trop de chambres roses,
 
De par le monde, beaucoup trop de chambres closes
Sur des Roses fraîches écloses,
Bafouées par des monstres qui n'ont qu'une prose
En tête ; souiller de gris le rose !


Premier prix de poésie illustrée APPEL en 2008
 
 


 



L’ange nu

J'ai grandi en lisant des Contes de Fées,
En jouant à la poupée
Dans une maison en lisière de forêt.
Quand j'ai rencontré le Grand Méchant Loup,
J'étais allée cueillir du houx,
Une écharpe rouge autour du cou.
Ingénue, j'ai cru au Prince charmant ;
La Belle prenant La Bête pour amant !
L'Ange tombé des nues fut esclave du méchant.
Si j'avais lu autre chose
Que la « Bibliothèque Rose »
J'aurais caché ma fleur fraîche éclose !
J'aurais su qu'il existe des « Marquis de Sade »,
Avides de flétrir la pureté du jade,
Qui pensent qu'aimer sans faire souffrir est fade.
Loin des Bois dormants, ce Mauvais Génie
Me captiva ; L'Ange nu fut banni,
Enjôlé loin du Paradis.
Je devins la soubrette de ce Démon,
Son Ange déchu, sa Cendrillon,
Au fin fond d'un Enfer sans nom !
Pour mon malheur, je découvris avec horreur,
Ce que les livres d'enfants cachent par pudeur.
Je sais, incarnée en mes chaires, La Douleur
Dans toute son atrocité et le dégoût
Jusqu'à la nausée des miasmes de l'égout ;
Ce « désamour » dans la violence des coups !
Je sais les outrages des mâles, du Mal
Profanant mon âme de fantôme pâle,
M'injuriant —  Catin, tu es sale !
Moi, je rêvais de Princesses, d'Enchanteresses !
Dans le feu éteint de mon regard, ma détresse
S'affiche telle leur bestialité qui me blesse !
Ils s'amusent de moi, comme d'une poupée,
Me dévêtissent pour me donner la fessée,
Me jettent après m'avoir désarticulée.
Ma peau est marquée tel un parchemin,
Par le fouet qu'ils tiennent à la main,
Sanglante peau de chagrin !
Mon cœur se glace lorsqu'ils m'enlacent.
De me voir suppliciée, jamais ils ne se lassent !
Je voudrais être « La Fée des Glaces »
Et transpercer leurs âmes d'un froid glacial
Alors qu'ils déchirent mes entrailles.
J'irais danser à leurs funérailles !
Petites filles à l'âme immaculée,
Ne croyez pas aux Contes de Fées.
Des beaux parleurs charmeurs, vous devez vous défier !

Premier prix APPEL 2007





 

 

Ma délivrance
 
Mon passé me fait violence !
Mon passé, c'est la souffrance !
Mon présent passe par l'écriture.
Écrire est ma délivrance !
Par amour, j'ai accepté l'inacceptable !
Par amour, j'ai vécu l'invivable ;
Les insultes, les humiliations et les coups,
Un enfer épouvantable !
J'étais sensible, j'étais fragile ;
Lui, me voulait soumise et docile.
J'étais instruite et cultivée ;
Lui, me voulait stupide et facile.
Afin de mieux m'utiliser,
Un bel objet qu'il a usé...
Par quel miracle ai-je survécu ?
Pourtant, en moi, quelque chose s'est brisé !
J'avais perdu mon identité,
Un fantôme que la mort guettait.
Il enserrait mon âme dans ses poings !
Presque folle, à force d'être maltraitée.
Enfin j'ai pu lui échapper.
Comment guérir mon cœur écharpé ?
Immaculée, ma feuille blanche
Attendait que sur elle, je vienne m'épancher...
Les psychiatres m'ont donné des cachets.
Désormais, je ne devais plus me cacher.
Et, ils m'ont tendu cette feuille blanche
Afin, que sur elle, mes peines soient couchées...
Mettre des mots sur ma douleur,
Un baume, un pansement sur mon cœur.
Cette feuille, je la noircis sans cesse,
Quel que soit le lieu, quelle que soit l'heure !

 
Primé par l'APPEL en 2007

 


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